Formation pour la fabrication d’objets de qualité à partir de sacs en plastique noir

NOTE : La formation a été dispensée depuis. Pour en savoir plus, cliquez ici 

Dès le jour de l’ouverture de notre site « Koudougou la Belle », une de nos correspondantes nous a envoyé une proposition intéressante. La voici :

« Je vous invite à transformer ces maudits sacs en plastique qui (dé) parent les arbres en sacs à provision (ou trousses…robes…housses et étuis pour téléphone portable…sacs à main…housses pour ordinateur…), c’est bon sur toute la ligne :

  • la matière première est gratuite

    Pollution des bords de route de Koudougou

    Bords de route jonchés de sacs en plastique

  • ça nettoie le pays
  • les femmes peuvent se faire un petit revenu
  • le travail peut se faire à la maison
  • c’est une technique facile à apprendre qui ouvre la porte à toutes les créativités.

 

 

Je viendrai en janvier… Voulez-vous que j’apprenne la technique aux femmes? Je le ferai gratuitement, bien entendu! Et je peux apporter le matériel nécessaire avec moi. »
Le soir même, nous avons répondu :
« Bonsoir Madame,
Merci pour votre message et votre proposition que nous acceptons avec joie. Nous allons préparer votre venue (en lien avec vous) pour que dès votre arrivée vous trouviez un groupe de femmes, prêtes à suivre votre formation, qui auront déjà ramassé suffisamment de sacs en plastique…
Oui, venez avec le matériel nécessaire !
Cordialement.
Maurice Oudet »

Nous avons poursuivi les échanges. Voici ce que Madame F. D. a répondu :
« Formidable!
Les sacs du marché sont les meilleurs, si possible pas déchirés. Il serait possible de mettre en place une filière de récupération des sacs les moins déchirés possibles.
Ensuite il faut les nettoyer soigneusement (javel ou similaire) et les faire sécher.
Puis les découper d’une façon qui devrait valoir un Prix Nobel à la femme qui l’a inventé.
Puis les crocheter, tisser, tricoter etc…
J’amènerai des crochets n°4 (inexistants au Burkina) et des paires de ciseau, ainsi que du matériel pour expliquer pourquoi ce plastique fait des ravages.
Merci de me dire dès que possible combien de femmes (parlant français?) pourront être présentes pendant 3h environ, deux jours consécutifs.
Un groupe d’une dizaine serait idéal.
Sur place, je suppose qu’il sera possible de trouver des bassines pour le nettoyage et une longue corde (et des pinces à linge ?) pour le séchage. S’il n’y a pas de pinces à linge, j’en apporterai.
Bien à vous, et au plaisir d’avoir une bonne raison de venir à Koudougou que je ne connais pas encore alors que je commence à ne plus compter mes voyages… »

Finalement Madame F. D. arrivera à Koudougou le 13 janvier. La formation aura lieu les 14 et 15 janvier.

Sac à provitions tissé à partir de sacs plastiques recyclés

Sac à provisions

Nous lui proposerons de former 10 femmes parlant français, mais, par la suite, nous nous organiserons pour former deux groupes de femmes qui ne parlent pas français: un groupe parlant le mooré; un groupe parlant le lyelé.

Enfin, elle nous a envoyé un dernier conseil :

« Sitôt que la formation est faite, l’idéal serait de faire un petit réseau où les femmes échangeraient les postes les plus lassants (ramasser-trier-nettoyer-découper) en passant de l’un à l’autre.

La création en elle-même est davantage une affaire d’artistes, elles trouveront les « doigts de fée » parmi elles… »

Conclusion

Nous avons déjà 9 femmes inscrites pour le français et deux pour le mooré (encore 8 places pour le mooré) ; nous sommes prêts à inscrire les volontaires pour le lyelé.Inscription au SEDELAN (Service d’Editions en Langues Nationales) au secteur 8, près de la bibliothèque Alfred Diban.

Maurice Oudet


gafreh-sachets-plastique-noir

Création du GAFREH

Si vous n’avez jamais entendu parler d’une telle initiative, vous vous demandez surement à quoi ressemblent de telles créations – peut-être même avec une pointe d’a priori.

Détrompez-vous en allant jeter un coup d’œil du côté du travail du GAFREH, à Bobo-Dioulasso. Le Groupe d’Action des Femmes pour la Relance Economique du Houet œuvre depuis 13 ans au recyclage et à la création d’objets à base de sacs en plastique, et leurs créations sont aussi jolies que variées.

Quand on sait également que l’ingestion des sacs en plastique est responsable du décès de près d’un tiers des animaux au Burkina Faso (selon le ministère des ressources animales), on ne cherche plus les bonnes raisons de lancer une même initiative à Koudougou.

Pour voir l’album photo du GAFREH, cliquez ici