Le lait du Boulkiemdé

Koudougou, le pays où coule le lait et le miel

(voir aussi Le miel du Boulkiemdé )

En 2004, les femmes peules (éleveurs traditionnels) transformaient le lait en poudre importé de l’Europe.

Créée en 2005, la laiterie du Boulkiemdé à Koudougou compte 16 salariées et une quarantaine de femmes supplémentaires dans les villages voisins. Ses produits laitiers sont très appréciés, notamment le gapal : une boisson peule faite à partir de yaourt liquide, de farine de petit mil, de gingembre, de menthe et de sucre.

La laiterie du Boulkiemdé à Koudougou

En mai (2005), nous écrivions : « Vu l’enthousiasme de ces femmes à l’idée de transformer à nouveau du lait produit localement et l’intérêt des éleveurs à pouvoir commercialiser du lait toute l’année, nous nous sommes décidés à appuyer cette association de femmes pour qu’elles puissent mettre en place une laiterie sur la ville de Koudougou. Cette laiterie devrait pouvoir commercialiser du lait pasteurisé, du dégué et des yaourts. Nous nous appuierons sur les radios locales pour aider les consommateurs à se détourner du lait importé pour se tourner vers le lait frais et les produits locaux. »

Depuis le 20 juillet, nous pouvons dire que la mini-laiterie de Koudougou est née. Elle s’appelle :  » Le lait du Boulkiemdé  » ou, en fulfuldé, « Kosam wuro men ».

Elle transforme chaque jour, en moyenne, 60 à 70 litres de lait par jour. C’est encore modeste. Mais la laiterie doit faire face au produits fabriqués à partir du lait en poudre importé. Les clients sont unanimes à dire que les produits marqués « Lait du Boulkiemdé » sont meilleurs que les produits fabriqués à partir de lait en poudre importé, mais ils ne sont pas tous prêts à payer plus cher. Or, le lait local rendu à la laiterie est venus par les éleveurs à 300 F le litre.

Nous nous sommes rendus compte que la moindre petite boutique de produits alimentaires qui possède un réfrigérateur commercialise des yaourts fabriqués à partir de lait en poudre. Le plus souvent, ces yaourts sont fabriqués par le boutiquier lui-même ou par sa famille. Le yaourt est vendu dans des sacs en plastiques fermés par une simple ficelle, sans étiquettes. Comme le litre de lait reconstitué à partir de lait importé revient à environ 200 F, ces yaourts sont vendus le plus souvent moins chers que les yaourts de la nouvelle laiterie « Le lait du Boulkiemdé ».

D’un autre côté, nous profitons du fait que le yaourt est maintenant assez répandu et apprécié dans les villes du Burkina. Le lait pasteurisé est également apprécié, mais sa conservation pose problème. Nous avons dû renoncé à en vendre aux boutiquiers viagra comprar viagra generico. Leurs frigos sont le plus souvent surchargés de différentes boissons, constamment ouverts… si bien que la température interne avoisine les 25 ° C, bien loin des 4 à 6° recommandés.

Nous avons également entrepris un travail en amont, auprès des éleveurs des villages où le lait est collecté. Il s’agit d’améliorer l’hygiène de la traite, la santé des animaux, et proposer quelques actions pour stocker suffisamment de foin pour nourrir quelques vaches durant la saison sèche. A ce niveau beaucoup reste à faire. Cela demandera un investissement conséquent qui fait encore défaut !

En résumé, la laiterie « Le lait du Boulkiemdé » est encore fragile, mais la détermination des femmes peules est forte. La laiterie (vendeuses et collecteurs de lait compris) donne du travail à 16 personnes (certaines à mi-temps) et quelques ressources supplémentaires à près de 40 femmes dans les villages voisins. (d’après un article de 2005)

Aujourd’hui, la laiterie dispose d’une laiterie moderne. Ses produits laitiers sont très appréciés, notamment le gapal : une boisson peule faite à partir de yaourt liquide, de farine de petit mil, de gingembre, de menthe et de sucre.

Koudougou, le 22 novembre 2015
Maurice Oudet