De Koudougou la Rebelle… à Koudougou la Belle !

<img class="wp-image-457 size-full" src="http://koudougou-la-belle viagra en farmacias similares.org/wp-content/uploads/2015/09/lion-boulkiemde-boukary-traore.jpg » alt= »Boukary Traoré dit "Le Lion" » width= »250″ height= »266″ />

Boukary Kaboré, dit « Le Lion »

Il m’arrive assez souvent, quand je dis que je viens de Koudougou, d’entendre mon interlocuteur m’interpeller : « Koudougou la Rebelle ». Vous vous demandez peut-être d’où vient cette appellation donnée à Koudougou, la troisième ville du pays.
Certains font remonter cette expression au temps de la colonisation française. Mais le plus souvent nos interlocuteurs font allusion à trois évènements majeurs.

1. Le premier, en 1987 : ce que beaucoup ont appelé la révolte du Lion ! Le Capitaine Boukari Kaboré, commandant du Bataillon d’Intervention Aéroporté (BIA) de Koudougou, sous la Révolution, s’est farouchement opposé à l’assassinat de Thomas Sankara en octobre 1987.

2. Le second, en 1998 : le fondateur du journal L’Indépendant a été tué le 13 décembre 1998, alors qu’il enquêtait sur la mort mystérieuse du chauffeur de François Compaoré, petit frère du président.
C’est à Koudougou que les émeutes suivant sa mort ont été les plus violentes, et les plus violemment réprimées. C’est à cette occasion que la population de Koudougou est sortie en scandant, « Trop, c’est trop ! ».

3. Plus récemment, en 2011 : le 20 février, dans la capitale de la région du Centre-Ouest, le jeune Justin Zongo mourrait, après avoir été passé à tabac par des policiers. Une sombre histoire de jalousie qui a mal tourné. La mort de Justin Zongo est l’élément déclencheur de la révolte à Koudougou, puis à Réo, à Léo et bientôt dans tout le pays.

Trois événements forts de l’histoire contemporaine du Burkina, où Koudougou s’est fait connaître par ses mouvements de protestation, parfois violents. C’est ainsi que Koudougou a gagné ce surnom de « La Rebelle ». Certains se disent fiers du surnom de leur ville. Pourquoi pas ? Il est bon parfois de se rebeller. Devant certaines injustices, sachons dire « Trop, c’est trop ! ».

J’ai lu un article de Karen Mazel intitulé « Koudougou la Rebelle ». On y lit :

« Il y a eu le meurtre de Norbert Zongo, et la répression des manifs. Forcément, Koudougou continue de s’opposer à la violence et à l’injustice ! ».

J’habite Koudougou depuis 1997. Je ne suis pas du tout d’accord avec ce témoignage. Koudougou ne s’oppose pas à la violence et à l’injustice. Elle s’oppose à la violence et à l’injustice quand elle se sent victime de cette violence ou de cette injustice. Mais elle s’accommode très bien de la violence et de l’injustice de certains de ses membres.

Aujourd’hui, j’ai intitulé cet article « de Koudougou la Rebelle … à Koudougou la Belle », non pas pour se satisfaire de l’injustice, bien au contraire. Mais pour inviter toute la population de Koudougou, et spécialement sa jeunesse, à refuser la violence et l’injustice, d’où qu’elles viennent.

Oui, refusons la violence et l’injustice, d’où qu’elles viennent. Commençons par nous-mêmes. Recherchons ce qui est juste, ce qui est bon, ce qui est beau. Refusons d’être violent ; choisissons la non-violence.

J’emploie le mot « injustice » dans un sens très large : « tout ce qui ne va pas », tout ce qui empêche la Ville de Koudougou d’être Belle ! Tout ce qui nous rend la vie difficile, voire dangereuse. Et cela, en ville, au travail, mais aussi dans notre quartier, dans notre famille.

Seul, un individu ne peut pas faire grand-chose, mais ensemble beaucoup est possible. Ne supportons plus l’intolérable, l’inacceptable.

Ce site est en gestation ! Parcourez son plan, lisez ses tout premiers articles, et vous comprendrez ce que nous voulons faire. (Vous pouvez commencer par lire « Née étrangère, tu resteras étrangère ! »)

Malgré l’intitulé, quelque peu provocateur, de cet article : « de Koudougou la Rebelle … à Koudougou la Belle », nous voulons rassembler les bonnes volontés pour faire de la troisième ville du Burkina, une ville où il fait bon vivre, une ville où chacun se sent respecté, les femmes autant que les hommes ! Dans l’espoir que bientôt

Koudougou la Rebelle… deviendra… Koudougou la Belle !

Koudougou, le vendredi 20 novembre 2015
Maurice Oudet
Président du SEDELAN