Histoire d’une vie.

Comment une fille chassée par sa famille devient « bouc émissaire »

Dans ma dernière lettre, j’écrivais : « Depuis 2 ans, j’accueille des filles chahutées par la vie. Il s’agit soit de jeunes mamans célibataires, soit de jeunes filles enceintes chassées par leur famille dont l’auteur de la grossesse refuse sa responsabilité. Souvent, elles ne savent pas où aller. Parfois, elles se  réfugient chez une tante maternelle ou chez la grand-mère maternelle, ou encore chez une amie. En effet, le plus souvent, elles sont victimes d’un interdit. » J’ajoutais : « Il existe un interdit  chez les mossis, un interdit très vivant et « efficace ». Un interdit qui menace de mort les hommes d’une famille qui ne chasserait pas leur fille quand elle est enceinte sans avoir fait de mariage. Cet interdit est encore très respecté. » Suite…

Elles ont choisi la vie !

Vivre, c’est choisir !
Choisissons donc la vie !
Aidons les à choisir la vie !

Depuis 2 ans, j’accueille des filles chahutées par la vie. Il s’agit soit de jeunes mamans célibataires, soit de jeunes filles enceintes chassées par leur famille dont l’auteur de la grossesse refuse sa responsabilité. Parfois elles ne savent pas où aller. Plus souvent elles se sont réfugiées chez une tante maternelle ou chez la grand-mère maternelle, ou encore chez une amie.

Suite…

Une jeune fille passionnée par la mécanique

Korotimi

Korotimi

Jeudi après-midi au Lycée Technique Maurice Yaméogo. Les élèves de la classe de mécanique II (2ème année) suivent leur enseignement théorique. Ils sont attentifs, quelques-uns bavardent et font des blagues au fond de la salle de classe. Une salle de classe comme toutes les autres. Du moins à première vue. Si l’on s’approche et que l’on cherche attentivement, on trouve une fille au milieu de tous ces garçons. Nikiema Korotimi – son visage est encadré par un foulard violet et des lunettes. Son regard est dirigé vers l’avant. Pas seulement vers l’ardoise, mais aussi vers son avenir. Pour Korotimi, son éducation est son avenir.

Être la seule fille dans une classe de garçons n’est pas facile. Surtout pour des études de mécanique, un sujet dominé par le sexe masculin. Ce n’est pas un travail pour des femmes. Elles ne sont pas capables ou talentueuses. Une femme, faire fonctionner une machine ? Korotimi est victime de ce genre de préjugés, non seulement par ses camarades de classe, mais encore par certains de ses professeurs, sa famille et la société. La question se pose alors : pourquoi continue-t-elle, malgré les difficultés ? « C’est une vraie passion », dit-elle. Apparemment une passion qui en vaut la peine.

Groupe de travail

Groupe de travail

L’histoire de la jeune fille commence près de la frontière ghanéenne. Là-bas, elle va à l’école primaire et obtient son Certificat d’Etudes Primaires (CEP). Elle est affectée à Ouagadougou pour poursuivre le collège. Une fois le BEPC en poche à la fin de la 3ème, elle intègre une 2nde dans un lycée technique, toujours à la capitale. C’est à ce moment qu’elle réalise quelle est passion. En effet, très vite, les cours de mécanique lui plaisent, théoriques comme pratiques. Elle a des facilités dans ce domaine, ce qui renforce à chaque heure de cours et de travail avec les machines sa volonté et sa conviction de vouloir aller plus loin. Cependant, avoir la conviction et la volonté ne garantit pas un chemin facile pour autant.

Les machines

Les machines

Après une année d’enseignement technique à Ouagadougou, Korotimi est affectée à Koudougou. En effet, l’école où elle se trouvait ne propose pas de cours de 2ème année en mécanique. C’est ainsi qu’elle se retrouve au Lycée Technique Maurice Yaméogo. Elle est venue seule, sans son tuteur de Ouaga, ni ses parents, qu’elle a quitté depuis la fin de ses années de primaires près de la frontière ghanéenne. À Koudougou, ville où elle est étrangère, elle habite avec un autre tuteur.

Sa famille a peu de moyens ; Korotimi est donc mise à contribution pour gagner l’argent de sa scolarité. Ainsi, pendant que ses camarades font des stages pour gagner en expérience (les frais d’année étant assurés par leur famille aisée),Korotimi doit travailler au marché si elle veut mettre toutes les chances de son côté pour obtenir son « bac pro » dans deux ans.

Korotimi et les garçons en travail pratique

Korotimi et les garçons en travail pratique

Cette jeune fille a déjà franchi beaucoup d’obstacles pour pouvoir étudier dans la filière qui la passionne et dans laquelle elle est talentueuse. Elle a quitté ses parents tôt, déménagé deux fois, elle travaille dur. Elle passe par les questionnements et les doutes. Se faire des amis a pris du temps. Elle ne doit cesser de démontrer qu’une femme peut avoir autant de talent qu’un homme. Tout cela pour des perspectives qui restent malgré tout incertaines : ouvrir son atelier un jour ? Ce souhait lui est cher, mais le soutien moral et financier manque. Enseigner la mécanique dans l’enseignement secondaire ? Ce serait le plan B, mais lui aussi incertain. Une seule chose est sure :Korotimi ne continuera pas ses études à l’Université, faute de moyens.

La vie de Korotimi, la force et le courage qu’elle doit sans cesse puiser suscitent plusieurs injustices. L’éducation, un droit humain, est trop cher et le choix d’une école publique (moins chère) trop limité. Les établissements sont pleins. Trop de jeunes ne peuvent finir leur formation non pas parce qu’ils ne veulent pas, mais parce qu’ils ne peuvent pas. De plus, à cause des stéréotypes sur les « travail de femme », « d’homme », il est très difficile pour les jeunes filles d’entrer dans une filière considérée « pour les hommes ». L’égalité des chances n’existe pas encore.

Josra Riecke

Stagiaire du SEDELAN

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De Koudougou la Rebelle… à Koudougou la Belle !

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Boukary Kaboré, dit « Le Lion »

Il m’arrive assez souvent, quand je dis que je viens de Koudougou, d’entendre mon interlocuteur m’interpeller : « Koudougou la Rebelle ». Vous vous demandez peut-être d’où vient cette appellation donnée à Koudougou, la troisième ville du pays.
Certains font remonter cette expression au temps de la colonisation française. Mais le plus souvent nos interlocuteurs font allusion à trois évènements majeurs.

1. Le premier, en 1987 : ce que beaucoup ont appelé la révolte du Lion ! Le Capitaine Boukari Kaboré, commandant du Bataillon d’Intervention Aéroporté (BIA) de Koudougou, sous la Révolution, s’est farouchement opposé à l’assassinat de Thomas Sankara en octobre 1987.

2. Le second, en 1998 : le fondateur du journal L’Indépendant a été tué le 13 décembre 1998, alors qu’il enquêtait sur la mort mystérieuse du chauffeur de François Compaoré, petit frère du président.
C’est à Koudougou que les émeutes suivant sa mort ont été les plus violentes, et les plus violemment réprimées. C’est à cette occasion que la population de Koudougou est sortie en scandant, « Trop, c’est trop ! ».

3. Plus récemment, en 2011 : le 20 février, dans la capitale de la région du Centre-Ouest, le jeune Justin Zongo mourrait, après avoir été passé à tabac par des policiers. Une sombre histoire de jalousie qui a mal tourné. La mort de Justin Zongo est l’élément déclencheur de la révolte à Koudougou, puis à Réo, à Léo et bientôt dans tout le pays.

Trois événements forts de l’histoire contemporaine du Burkina, où Koudougou s’est fait connaître par ses mouvements de protestation, parfois violents. C’est ainsi que Koudougou a gagné ce surnom de « La Rebelle ». Certains se disent fiers du surnom de leur ville. Pourquoi pas ? Il est bon parfois de se rebeller. Devant certaines injustices, sachons dire « Trop, c’est trop ! ».

J’ai lu un article de Karen Mazel intitulé « Koudougou la Rebelle ». On y lit :

« Il y a eu le meurtre de Norbert Zongo, et la répression des manifs. Forcément, Koudougou continue de s’opposer à la violence et à l’injustice ! ».

J’habite Koudougou depuis 1997. Je ne suis pas du tout d’accord avec ce témoignage. Koudougou ne s’oppose pas à la violence et à l’injustice. Elle s’oppose à la violence et à l’injustice quand elle se sent victime de cette violence ou de cette injustice. Mais elle s’accommode très bien de la violence et de l’injustice de certains de ses membres.

Aujourd’hui, j’ai intitulé cet article « de Koudougou la Rebelle … à Koudougou la Belle », non pas pour se satisfaire de l’injustice, bien au contraire. Mais pour inviter toute la population de Koudougou, et spécialement sa jeunesse, à refuser la violence et l’injustice, d’où qu’elles viennent.

Oui, refusons la violence et l’injustice, d’où qu’elles viennent. Commençons par nous-mêmes. Recherchons ce qui est juste, ce qui est bon, ce qui est beau. Refusons d’être violent ; choisissons la non-violence.

J’emploie le mot « injustice » dans un sens très large : « tout ce qui ne va pas », tout ce qui empêche la Ville de Koudougou d’être Belle ! Tout ce qui nous rend la vie difficile, voire dangereuse. Et cela, en ville, au travail, mais aussi dans notre quartier, dans notre famille.

Seul, un individu ne peut pas faire grand-chose, mais ensemble beaucoup est possible. Ne supportons plus l’intolérable, l’inacceptable.

Ce site est en gestation ! Parcourez son plan, lisez ses tout premiers articles, et vous comprendrez ce que nous voulons faire. (Vous pouvez commencer par lire « Née étrangère, tu resteras étrangère ! »)

Malgré l’intitulé, quelque peu provocateur, de cet article : « de Koudougou la Rebelle … à Koudougou la Belle », nous voulons rassembler les bonnes volontés pour faire de la troisième ville du Burkina, une ville où il fait bon vivre, une ville où chacun se sent respecté, les femmes autant que les hommes ! Dans l’espoir que bientôt

Koudougou la Rebelle… deviendra… Koudougou la Belle !

Koudougou, le vendredi 20 novembre 2015
Maurice Oudet
Président du SEDELAN